Mariage imposé, désir caché : une double vie qui explose
Histoire gay publiée le 31/03/2026
Mon père tenait à ce que je me marie avec la fille de François Girard, le richissime métayer du village.
« Marie-toi avec ces gens, mon fils, tu seras tranquille jusqu’à la fin de tes jours. »
En effet, cette famille était blindée. La fille Girard — ma promise — était une boulotte volubile et bavarde, avec l’insolence et la méchanceté qui caractérisent les filles à papa. Elle était, en plus des qualités que je viens de citer (sic), une raciste notoire. Elle avait ses entrées tapis rouge au QG du FN de la région.
Le soir au dîner, pendant qu’elle mangeait — et elle graillait, c’est le moins qu’on puisse dire — devant la télé, elle passait son temps à râler contre « la racaille ».
Moi, je n’avais — je vous rassure — pas les mêmes idées. Je lui répondais toujours calmement :
« Il y a aussi des gens bien partout. »
Elle me répondait, le visage rouge et les yeux exorbitées :
« NON ! TAIS-TOI !! »
Je me taisais… mais même marié jeune, avec toutes les bonnes résolutions du monde, mon penchant restait le même depuis toujours.
Et puis un jour, tout a basculé.
Ma femme avait décidé — en me cassant bien les pieds au passage — de refaire la terrasse du jardin. L’entreprise qu’elle avait engagée à grands frais envoya un ouvrier pour s’en occuper.
Un type.
Grand, solide, bronzé, charismatique.
Et là, bizarrement, elle avait mis de côté ses discours habituels. Comme quoi…
Moi, en le regardant bosser sous le soleil, j’étais troublé. Il faisait chaud, très chaud. L’ambiance était lourde.
Vers midi, sous 30 degrés, je le vois en sueur, concentré sur son travail.
— Vous voulez un verre d’eau ?
— Oui, merci…
Je lui tends le verre. Nos regards se croisent. Il y a quelque chose. Une tension.
— Ça vous dit de faire une pause au fond du jardin, à l’ombre du cyprès ?
— Oui…
On s’éloigne. Le silence devient lourd.
Puis tout s’accélère.
Un geste. Une proximité. Une attirance qu’on ne contrôle plus.
Et au moment où la situation devient évidente…
J’entends ma femme au loin :
« DENIS ! T’ES OÙ ?! »
— AU FOND DU JARDIN !
Elle arrive. Elle comprend immédiatement.
Silence.
Puis explosion.
« AH C’EST PROPRE ! TU TE CACHES MÊME PAS ?! »
Je la regarde, calmement.
« Tu vois… il y a des gens bien partout. »
Elle repart, folle de rage.
Quelques jours plus tard, mon mariage était terminé.
Je suis retourné chez mon père.
« T’es bon à rien… bon qu’à donner à manger aux poules. »
Moi, dans ma tête, je pensais juste :
J’assume qui je suis.